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Vaincre son penchant pour l’inaction avec Kant

Vaincre son penchant pour l’inaction avec Kant

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Notre réflexion se base sur L’anthropologie d’un point de vue pragmatique, Livre I, §14 « De ce qui est permis en matière d’apparence morale » de Kant. Cliquez ici pour vous le procurer !

N’en déplaise à Charles Péguy, nous allons vous montrer ici que la morale de Kant a des mains, et qu’elles se salissent (Pour la propreté et l’hygiène morale on vous rassure) !

La nonchalance – une puissance diminuante

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La nonchalance est une puissance diminuante naturelle en l’humain et elle nous amène à déprécier la vie ! En effet, en tant que Maîtresse de l’inaction, elle provoque l’ennuie et en conséquence, un dégoût progressif de notre propre existence. En fait, la Nonchalance de Kant est à l’esprit ce que le ver solitaire est à l’estomac ! En effet tout comme le ver solitaire trompe l’être humain en vidant et empêchant l’estomac d’être remplit, puisqu’il se remplit à sa place, la nonchalance empêche l’esprit de se remplir de sensations. De plus, tout comme un chewing-gum nous donne l’effet de satiété (Nous ne ressentons plus l’envie de nous nourrir car le chewing-gum, par la mastication, trompe notre corps sur le fait qu’il se soit restauré), la nonchalance nous trompe sur son but et pousse à prendre l’inaction comme une action morale satisfaisante pour l’être humain car « quand il ne fait absolument rien » l’humain « en tout cas, il ne fait rien de mal ». La nonchalance se fait ainsi passer pour acte morale, et devient au passage, Reine de l’argumentation fallacieuse ! En effet elle nous chuchote à l’oreille : « Ne rien faire, c’est ne rien faire de mal, donc c’est bien. ». Or en nous persuadant de cela, notre penchant pour l’inactivité occulte le fait que l’inaction peut tout aussi bien être un mal. Ne jamais prendre position dans la vie, ne jamais rien faire, non seulement cela est un vice, mais en plus cela favorise l’humain à déprécier la vie. Attention, nous ne disons pas que suspendre son jugement ou son action un moment en vue de faire le meilleur choix possible n’est pas bon, bien au contraire, soyons Pyrrhonien (qui plus est suspendre son jugement en vue de trancher sur la démarche à suivre est une forme d’action) ! Par contre pousser la non-action à outrance, cela ne peut être qu’un mal pour l’humain, qui est fait pour l’action !

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Le droit de tromper une puissance trompeuse

Kant nous explique dans son Anthropologie d’un point de vue pragmatique, que même si l’acte de tromper est immorale, tromper une puissance trompeuse telle que notre penchant pour l’oisiveté, ce n’est pas faire preuve d’immoralité, au contraire, c’est se remettre sur les rails de « l’obéissance à la loi de la vertu ». Ainsi, si mon penchant pour l’inactivité m’amènerait à ne rien faire d’autre que de dormir dans mon lit douillet (je vous jure, il est vraiment confortable ce lit), je suis en droit de le tromper afin de me rendre actif ! En ce sens, pour vaincre mon envie de rester dans mon lit, je pourrais tout à fait me convaincre qu’il serait encore meilleur d’aller lézarder à la plage sous le soleil ! Or là où j’aurais vaincu ma tendance à l’inaction, c’est que je me serai levé, j’aurais pris mon vélo pour aller à la plage, et arrivé à celle-ci, plutôt que de dormir j’aurais certainement été me baigner, discuter ou jouer avec du monde.

En bref : tromper nos penchants pour l’oisiveté en vue de suivre la vertu, ce n’est pas tromper mais illusionner. C’est-à-dire que le caractère immoral de la tromperie vient s’estomper lorsque cette méthode est utilisée pour accroitre le sentiment et l’action morale !

Comment régler son compte à notre penchant pour l’inactivité

Pour Kant, ce n’est pas par la violence qu’on peut en finir avec notre nonchalance, mais par l’utilisation de la ruse ! Ainsi le divertissement, qui est l’art de faire passer le temps, vaut mieux que l’inaction, qui est l’art de tuer le temps. Il vaut mieux divertir l’esprit par le jeu ou les beaux-arts, même sans but précis, car cela apportera toujours son lot de sensations à l’esprit et ainsi lui apportera l’essence nécessaire pour faire tourner son moteur, – plutôt que de se terrer dans un « repos oisif » ou il ne subsiste rien d’autre qu’un entrainement à être mort.

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En bref : ruser notre tendance à l’inaction par le divertissement se révèle être un bien meilleur choix que de se satisfaire à ne rien faire. L’action, qu’importe sa forme, permettra potentiellement une élévation de l’humain et un goût pour la vie, tandis que l’inaction semble plutôt nous amener à déprécier la vie. C’est pourquoi Kant dit de nos penchants qu’on « est contraint d’en triompher par la ruse et comme dit Swift, de donner à la baleine un tonneau pour la faire jouer, de manière à sauver le navire. ».     

Lorsque l’humain porte le masque de la vertu

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Joli sourire n’est-ce pas ? Et si ce sourire était forcé, pourquoi il vaudrait mieux que ce soit le cas plutôt que de montrer sa profonde haine envers vous ? 

Prenons un exemple :

Si l’être humain n’est pas naturellement généreux, jouer le rôle de quelqu’un de généreux lui permettra de changer progressivement le masque de la générosité en une partie de son visage ! Pour Kant en effet, il n’est pas grave que les êtres humains soient : « d’autant plus des comédiens qu’ils sont davantage civilisés », car même si personne n’est assez dupe pour ne pas voir qu’ils ne jouent là que le rôle d’un être humain vertueux et non pas qu’ils sont naturellement vertueux, le fait est que plus ils joueront ce rôle d’être humain vertueux et plus le masque de la vertu aura des chances de s’ancrer sur leur visage ! Nietzsche dit à peu près la même chose lorsqu’il développe sa notion de Züchtung (domestication), c’est en cultivant une valeur qu’on peut la développer au sein d’un individu puis d’une communauté en vue de l’élever au rang de vérité ! Vous souhaitez une société d’individus généreux ? Obligez-les par la contrainte à être généreux jusqu’à ce que la générosité devienne quotidienne, et que de quotidienne elle devienne une habitude, et que d’habitude elle devienne une partie de l’essence de l’être humain, qu’elle « se soit fait chaire ».

En bref : A force de simuler la vertu, celle-ci devient réelle et se réalise à travers l’humain

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    1. Merci pour cet excellent article ! La dernière partie de l’article, sur le masque et jouer un « rôle », ça m’a fait pensé à cette phrase de Nietzsche : « La réputation, le nom et l’apparence, la valeur, le poids et la mesure habituels d’une chose […] la croyance à tout cela, transmise d’une génération à l’autre, en a fait peu à peu comme le corps même de la chose, en quelque sorte solidaire de sa croissance la plus intime : l’apparence du début finit toujours par devenir essence et agit en tant qu’essence ! »

      • Merci pour votre réponse Badr ! Très belle citation de Nietzsche, vous avez surement repéré par ailleurs que je lis Kant avec des lunettes Nietzschéenne ! Avec Nietzsche, l’être humain n’a pas une essence fixe et immuable, il peut agir dessus et la transformer, – car, tout comme la réalité est un flux, l’essence de l’humain aussi est changeante et varie d’une époque à une autre, d’une culture à une autre, d’un individu à un autre. Si mes souvenirs sont bons, vous avez aussi un passage du §8 de La naissance de la tragédie qui porte sur le masque et qui serait intéressante à approfondir sur ce sujet !

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