Depuis la démocratisation du numérique, mais plus particulièrement depuis la crise du COVID, l’isolement social et la perte d’empathie se font de plus en plus ressentir et c’est là que la citation du film « Joker » prend tout son sens !

« Y a plus personne qui se demande ce que c’est que d’être le gars d’à côté. »

Joker

Contexte du film – Joker

Le film Joker, avec son personnage principal Arthur Fleck, interprété magistralement par Joaquin Phoenix, aborde d’une certaine manière le thème de l’isolement social. Nous avons tous au moins une fois ressentie la solitude de manière négative. Arthur Fleck, dans le Joker, devient le symbole ultime de l’âme abandonnée par une société trop occupée à liker des photos de nourritures ornés de hashtags du type : instafood, instagood etc. pour remarquer les cris de détresse de ses propres membres. Fleck est un clown de métier qui lutte pour survivre dans une Gotham impitoyable et cruelle. Sa descente dans la folie n’est pas un simple accident de la nature mais le résultat d’un système défaillant et indifférent. c’est une victime des coupes budgétaires dans les services sociaux, une réalité très contemporaine où l’on sacrifie le bien-être des individus pour privilégier le progrès économique. Fleck n’est pas seulement un personnage fictif ici ; il est le miroir de notre propre inhumanité, une figure tragique qui incarne les conséquences de notre incapacité à voir, à comprendre et surtout à aimer nos semblables.

L’isolement social et le Joker

L’isolement social est devenu la norme plutôt que l’exception. Nos interactions humaines sont de plus en plus réduites à des connexions numériques superficielles qui nourrissent un sentiment d’isolement croissant. Fleck incarne parfaitement cette fracture : une vie entourée de pixels, sans véritable contact humain. Le paradoxe de notre ère : plus nous sommes connectés, plus nous sommes isolés. Les réseaux sociaux, ne font qu’exacerber ce sentiment d’abandon.

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Le Joker incarne ceux que la société préfère ignorer, marginaliser et stigmatiser. En refusant d’être réduit au silence, Fleck devient un anti-héros pour tous ceux qui luttent pour exister dans un monde qui leur tourne le dos. La quête d’identité est devenue un acte de rébellion, un défi lancé à une société qui valorise l’uniformité. Arthur représente l’individu en crise, celui dont l’identité est constamment niée par des structures sociales impitoyables. Son parcours tragique montre la manière dont la société moderne broie l’individualité. La marginalisation qu’il subit n’est pas seulement le résultat de ses propres actions, mais aussi et surtout le produit d’un environnement social toxique qui valorise nettement la conformité et punit la différence.

La quête d’identité d’Arthur Fleck est marquée par une série de rejets et de violences symboliques. Chaque interaction avec le monde extérieur, chaque tentative de se connecter aux autres, se heurte à une barrière d’indifférence, de mépris ou de violence. Il est ainsi constamment renvoyé à sa condition de paria, un statut qui lui est imposé par une société incapable de tolérer ceux qui ne rentrent pas dans ses cases prédéfinies.

Initialement, la lutte d’Arthur n’est rien d’autre qu’une recherche de reconnaissance, qui est l’une des bases de la dignité humaine si on en croit Hegel dans sa Phénoménologie de l’esprit !

L’empathie ?

L’empathie, une qualité humaine autrefois valorisée, me semble avoir progressivement disparu dans les méandres de la société moderne. La plupart d’entres-nous sont devenus des robots, incapables de ressentir la souffrance d’autrui. C’est l’obsolescence accomplie de l’homme comme le disait déjà Gunther Anders dans ses écrits. Sans empathie, nous ne sommes rien de plus que, des spectateurs indifférents, passifs, devant la misère humaine. L’absence d’empathie, comme le montre le film Joker, mène à la déshumanisation, les souffrances des autres y deviennent invisibles, voire gênantes… Les gens qui croisent Fleck ne voient pas un être humain en souffrance, mais un individu étrange à éviter. Cette déshumanisation progressive conduit Arthur à se retirer de plus en plus dans sa propre réalité, où la violence devient une réponse à l’indifférence.

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La leçon de Joker est claire : l’empathie n’est pas un luxe, mais une nécessité. Elle est le ciment qui maintient la cohésion sociale, qui transforme les individus en une communauté solidaire. l’empathie est le remède à la déshumanisation. Elle nous rappelle que derrière chaque visage, il y a une histoire, un être humain digne d’attention et de respect. La citation tirée du Joker est donc un appel à réveiller cette empathie endormie, à briser le cycle de l’indifférence et à reconstruire des liens authentiques basés sur la communication, la compréhension et la compassion. Choisir l’empathie, c’est aussi un acte de rébellion, c’est une affirmation de notre humanité commune contre la superficialité du virtuel présent, trop présent.

Exercice pratique : Connaître un peu plus ses voisins. Vos voisins sont les personnes les plus proches de vous en cas de soucis, alors comment leur demander de l’aide si vous ne les connaissez même pas et comment voudraient-ils vous aider si vous les regarder toujours sans dire bonjour de manière fermée ? Bien entendu on ne s’entend pas toujours avec nos voisins, mais comment le savoir sans faire l’effort de les connaître ? Il vaut mieux savoir qui nous avons à côté de nous, il vaut mieux savoir si c’est quelqu’un de confiance ou dont il faut se méfier ! Pour ma part je n’ai jamais regretté d’aller à la rencontre de mes voisins. Et j’ai très vite pu voir ceux dont il ne valait mieux pas que je m’approche !  L’exercice est donc le suivant : Dites bonjour à votre voisin et demandez-lui comment il va. Entamez la discussion s’il est ouvert !

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