J’ai le plaisir de vous présenter la deuxième partie de ma fiction sur la mort de Zarathoustra, la 5 ème partie cachée d’Ainsi Parlait Zarathoustra ! Je vous invite donc à un petit périple sans grande prétention, dans l’ultime chapitre non écrit de la vie du prophète de Nietzsche. Vous trouverez en bas de l’article des versions audio et vidéo ! Retrouvez la partie 1 en cliquant ici !

L’éclipse de Zarathoustra

1.

Les sommets qui m’ont toujours inspiré semblent maintenant drapés d’un voile sombre, une éclipse insaisissable, qui obscurcit mon esprit. Les étoiles, jadis des lanternes d’illumination, paraissent lointaines et inaccessibles, comme si elles se moquaient de ma quête intérieure. Je me tiens au sommet de la montagne, non pas en tant que prophète triomphant, mais en tant que pèlerin égaré. Les doutes, tels des spectres, se glissent furtivement dans les recoins de mon esprit. Ont-ils toujours été là, cachés sous la surface de mes convictions ? Les certitudes qui m’ont guidé semblent soudain éphémères, comme des ombres dansantes sur les murs d’une caverne. Ai-je construit un château de sable en guise de philosophie, ou bien ai-je taillé à même la pierre mon royaume ?

Je repense à mes rencontres. Ai-je véritablement réveillé leurs âmes ou bien n’ai-je fait que renforcer leurs illusions ? Le Dernier Homme, l’homme de la médiocrité, me hante. Ai-je sous-estimé sa puissance de séduction, son attrait sournois qui peut tordre même les esprits les plus nobles ? Le doute est un bon vin pour la grande santé du cœur, – en abuser devient dangereux. Mais il me faut faire face à ce danger une fois encore !

Le miroir de la mort se tient devant moi, reflétant une réalité incontournable. La mort, la fin inéluctable de chaque existence individuelle, me rappelle la fragilité de mon propre parcours. Mes paroles, si confiantes et provocatrices, sont-elles une fuite devant l’abyssal inconnu qui attend chacun de nous ? Ai-je utilisé ma philosophie pour détourner le regard de la réalité, ou bien est-ce précisément dans ces concepts que réside le courage de regarder en face ma propre mortalité ?

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Je dois me confronter avec l’obscurité la plus sombre, sinon je ne saurai jamais si ma quête a été authentique, si mes mots ont été plus que des échos dans le vent.

Voici, – je me tiens devant l’abîme du doute, prêt à plonger dans les profondeurs de ma propre âme, une nouvelle fois, mais cette fois-ci, y aura-t-il un fond à ce saut ?

2.

Les idées qui m’ont autrefois soulevé semblent désormais pesantes, et je me demande si les fondations de ma philosophie sont solides ou si elles ne sont que des châteaux dans le ciel. Ai-je bâti une tour imprenable, un véritable bastion de la réalité, ou bien ai-je simplement érigé des murailles autour de ma propre ignorance ? Les paroles que j’ai proférées avec tant de confiance me font maintenant vaciller. Le concept de volonté de puissance, si vibrant, me semble maintenant énigmatique et éloigné. Ai-je vraiment compris la nature de cette force primordiale, ou ai-je simplement rêvé de grandeur dans un monde chaotique ? Les cris de l’Übermensch, la figure que j’ai érigée comme modèle, fracassent le silence dans l’air, – un vertige me prend, une envie de vomir s’ensuit… Tout ce que j’ai entrepris jusqu’à présent, ne serait-il que le reflet de mes propres aspirations inaccomplies ?

Et le Dernier Homme, cette ombre menaçante qui persiste, m’invite à regarder au-delà de ma propre arrogance. Ai-je pris en compte les réalités humaines dans ma quête du surhumain ? Ai-je, par mon désir de transcendance, perdu de vue les besoins et les limites de l’homme terrestre ? Mes enseignements ont-ils réellement ouvert les portes vers de nouveaux horizons, ou bien ai-je simplement créé des fantasmes pour les âmes en quête d’évasion ? Suis-je un clown se faisant une farce à lui-même ?

L’amor fati, cet amour du destin, me confronte à mes propres faiblesses. Ai-je vraiment embrassé chaque moment avec une acceptation sincère, ou bien ai-je parfois résisté aux épreuves avec un cœur amer ? L’éternel retour, une idée à la fois troublante et libératrice, m’oblige à faire face à la perspective d’une répétition éternelle. Ai-je vécu ma vie de manière à épouser cette répétition ?

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Le pouvoir de la mort ne me permet plus de fuir, mais plutôt de me confronter à l’essence même de ma quête. Ai-je été un prophète de l’authenticité ou un barde des chimères ? Par-delà cette éclipse, la lumière attend peut-être de briller plus intensément. Dans le doute, je trouve un terrain fertile pour la vérité, et dans l’obscurité, j’espère découvrir la clarté qui me guidera vers une compréhension plus profonde de moi-même et de la destinée humaine.

3.

Au milieu de cette obscurité intérieure, un dialogue silencieux se déploie en moi, un échange entre mes pluralités. Mon Démon, s’élève de l’abîme de mon être pour confronter mes pensées les plus profondes.

Démon, pourquoi te réveilles-tu maintenant, dans ce moment où je suis plongé dans l’introspection la plus profonde ? lui dis-je d’un ton empreint de curiosité et de résolution. Il sourit. – Cher Zarathoustra, n’est-il pas temps de confronter les ombres que tu as laissées dans ton sillage ? Les étoiles ne sont pas seulement des guides, mais aussi des témoins. Elles voient les fissures dans ton armure de vérité. – Je le regarde avec un mélange d’irritation et d’intrigue. Démon, n’es-tu pas le produit de mes doutes, une créature de mes propres contradictions ?! Il secoue la tête, et voici que les ombres dansent sur son visage. – Peut-être que je suis plus que cela. Peut-être que je suis la voix de la prudence, de l’humilité. Tes paroles ont atteint des hauteurs vertigineuses, mais les sommets sont aussi dangereux que les abîmes. N’as-tu pas peur que tes idées ne t’élèvent au point de te perdre toi-même ? Je sens un frisson de vérité dans ses mots, une brise froide qui coupe à travers mes pensées. – Démon, ma philosophie est un appel à l’audace, à la rupture des chaînes. Ne devrais-je pas être prêt à risquer la folie pour la vérité ? – Son sourire s’approfondit, évoquant une sagesse perdue. La folie et la vérité marchent parfois main dans la main, mais il est sage de se demander si ce que tu as recherché avec tant de passion n’est pas aussi un miroir pour ta propre vanité. Ton voyage a-t-il été pour l’humanité ou pour toi-même ? Et si c’était pour toi, cela a-t-il servi l’humanité ? – Ses questions percutantes me font hésiter. Je sens que je suis sur le point de plonger dans un abîme de réflexion encore plus profonde, – non, dans une profondeur sans fond. Mon Démon, avec sa présence inquiétante, me pousse à la confrontation intérieure, à une introspection nouvelle, différente…

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Fin de la partie 2.

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